Le légionnaire meurtrier était «harcelé», selon ses prochesSans doute vaincu par la soif, le légionnaire français qui a tué mardi deux camarades et un soldat togolais à Abéché (est du Tchad), puis abattu un paysan tchadien, a été arrêté jeudi par la gendarmerie tchadienne, après deux jours de cavale.
Il a été appréhendé par la gendarmerie tchadienne à 10 km d'Abéché, alors qu'il tentait de se ravitailler à un puits.
«Il était déguisé en civil lors de son arrestation à Arkou», a indiqué le ministre de l'Intérieur tchadien Ahamat Bachir, précisant qu'il était «sain et sauf». De source militaire française, le légionnaire désarmé a été arrêté sans violence par la population et remis à une patrouille tchadienne. Il «a été formellement identifié par les autorités militaires françaises», a confirmé l'état-major français.
Selon le lieutenant-colonel François-Marie Gougeon, de l'état-major français, le soldat «a été retrouvé physiquement épuisé».
Sa famille parle de harcèlementAgé de 27 ans, le soldat de deuxième classe est un Brésilien, dont le nom d'emprunt dans la Légion est Josafa Da Silva. De source proche du dossier, il a un frère légionnaire actuellement en mission au Tchad.
Selon une soeur du légionnaire, le meurtrier était «déprimé et avait très peur». Il est né dans un milieu chrétien «évangélique». C'est «un homme intègre» qui aidait beaucoup financièrement sa famille, a-t-elle déclaré à Globo News, affirmant qu'il était «comme harcelé» par ses camarades de la Légion. Les militaires parlent, eux, de coup de folie.
Sera-t-il remis aux Français ou jugé au Tchad ?«Le soldat est entre les mains de la gendarmerie tchadienne pour les besoins de l'enquête. Une information judiciaire est ouverte», a affirmé le ministre tchadien de l'Intérieur, ajoutant que N'Djamena allait «étudier» les conventions pour déterminer si le soldat doit être remis à la France ou jugé au Tchad. «En tout cas, nous allons faire en sorte que justice soit appliquée puisque les faits se sont déroulés au Tchad», a-t-il ajouté.
«Il faut qu'il soit remis aux gendarmes français», a-t-on indiqué de source française. Un accord entre l'Europe et le Tchad sur le statut des soldats de l'Eufor reconnaît la compétence prioritaire des tribunaux des pays contributeurs de la force, selon lui. Pour la France, il s'agit du tribunal aux armées de Paris, compétent pour les crimes et délits commis par les militaires sur les théâtres d'opérations extérieures.
http://www.leparisien.fr avec l'AFP
Depart de la 5ème Cie au Tchad du 2ème REI
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